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| Le sens de l'assistance Jean BOSCO a toujours
considéré l'enfant et l'adolescent pour ce qu'ils
étaient : un enfant et un adolescent. Il ne projetait pas
l'adulte en eux... et il semble important de souligner une telle
conception. ...
Jean BOSCO a toujours été très conscient de la faiblesse de l'enfant et de l'adolescent, et des dangers que peuvent lui faire courir son inexpérience et sa velléité. Son intuition de psychologue lui fit découvrir qu'en matière d'éducation, il peut être préférable d'éviter aux jeunes une expérience malheureuse plutôt que de s'efforcer d'en dissiper ensuite les effets. Pour pouvoir éduquer la liberté du jeune, il faut au préalable la protéger. "Sans protection, rappelait un éducateur salésien de la première moitié du siècle, la liberté de l'enfant par le jeu des influences du milieu et des déviations de l'atavisme ne tarde pas à devenir prisonnière". La notion d'assistance chez Jean BOSCO comporte intrinsèquement une dimension de protection ; ce serait trahir la pensée de ce dernier que de passer sous silence une telle affirmation. Cependant, notons bien qu'il ne s'agit pas de surveillance au sens usuel de l'époque... bien au contraire, c'est en opposition à ce qualificatif de surveillant que Jean BOSCO a choisi le terme d'assistant pour désigner ses éducateurs. Il ne s'agit donc pas pour l'éducateur salésien de surveiller les jeunes de façon à sanctionner leurs faux-pas... mais il ne s'agit pas non plus de leur permettre toutes les expériences, sans les mettre en garde. Il s'agit de prévenir ces faux-pas, ce qui n'est pas une voie facile : car prévenir est bien plus exigeant que réprimer. |
Le
mode de l'assistance : la présence Eduquer le jeune à
l'exercice de sa liberté suppose donc au préalable, comme
nous venons de le voir, qu'il faille la protéger. Mais
l'apprentissage de la liberté
par le jeune ne peut se faire — c'est une évidence — que si
celui-ci l'exerce effectivement. Il va donc s'agir à la fois de
favoriser et de protéger la liberté du jeune : difficile
projet éducatif... qui peut paraître contradictoire en
lui-même. En effet, protéger cette liberté signifie
mettre en garde le jeune contre d'éventuelles expériences
qui seraient néfastes pour lui... et de telles mises en garde ne
constituent-elles pas finalement des entraves à sa
liberté, dont on dit par ailleurs qu'il faille la favoriser au
maximum ?
La façon de résoudre une telle contradiction...le mode d'action proposé à l'éducateur qui veut à la fois favoriser et protéger la liberté du jeune qu'il a en face de lui... voici où résident certainement la grande nouveauté et la grande originalité de la pédagogie mise en œuvre, puis proposée par Jean BOSCO. Ce mode tient en un seul mot... véritable mot-clef de la pratique salésienne, la PRESENCE. Assister, c'est "être présent" (il s'agit d'ailleurs du sens éthymologique du mot assister : ad - sistere, se tenir auprès de). L'éducateur doit être présent aux jeunes. Ses interventions ne peuvent donc être assimilées à des actes d'autorité émanant de l'extérieur et restreignant le champ de liberté du jeune, mais des conseils amicaux, qui, au contraire ouvrent ce champ. Extrait de "La pédagogie
de saint Jean Bosco" par J.M. Petitclerc
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