Adapter la méthode pédagogique


Voici comment un salésien enseignant au lycée professionnel Don Bosco-Nice voyait sa mission d'éducateur près des adolescents. Cette pédagogie peut aussi s'appliquer - et s'applique - au lycée professionnel de Giel.

Mécaniciens en matériels de  parcs et jardins
Mécaniciens en matériels de parcs et jardins à Giel
Comment peut-on le faire à Nice-Don Bosco ?
Le métier est un point d'appui solide. Le garçon a quitté une école et il serait fort déçu de retrouver une autre école semblable à la première.
Par suite, si dans l'enseignement technique dans lequel il est maintenant engagé on recommence à enseigner la géométrie descriptive, le dessin industriel, la technologie — pour ne pas parler des mathématiques — d'une façon théorique pour aboutir aux applications d'atelier, on fait de nouveau fausse route. Il est donc indispensable de prime abord d'accompagner le garçon dans ce qui l'intéresse : l'atelier. Et à l'atelier il n'est pas question pour le maître de s'engager dans des discours savants sur des fabrications plus ou moins complexes, mais de poser des problèmes simples et de les soumettre à la réalisation du jeune apprenti.
Mettre celui-ci en situation de recherche et non pas seulement d'écoute paraît essentiel. Ce n'est pas ce que le garçon entendra qui le transformera, qui l'enrichira, qui le fera évoluer vers une structure d'homme professionnel ; c'est ce qu'il fera.
Le maître accompagne, il n'impose pas, il aide, il répond aux besoins.
A partir de difficultés particulières rencontrées à l'atelier ou de problèmes plus généraux de construction (un meuble à réaliser, un plan d'architecte à lire, un élément de machine à construire...) apparaissent les nécessités d'une information plus large et plus approfondie en dessin industriel, en technologie et même en mathématiques.

L'école traditionnelle, l'enseignement magistral abstrait, déductif n'ont pas donné de résultats satisfaisants avec beaucoup de jeunes.
En conclure que ceux-ci sont dépourvus d'intelligence, inaptes à entreprendre un ouvrage tant soit peu compliqué serait une conclusion hâtive et inexacte.
Il suffit de les observer autour d'une moto, en train de démonter ou remonter un moteur ou autres accessoires, de les entendre discuter sur la meilleure façon de moduler un virage à telle ou telle allure pour être assez rapidement convaincu que ce sont des garçons astucieux.
Une conclusion provisoire s'impose : un garçon de 14 ou 15 ans ... venant de 4e ou 5e avec un mauvais bulletin scolaire n'est pas forcément inintelligent. Il est désadapté, il n'a pas accepté l'enseignement qui lui a été offert et particulièrement la forme sous laquelle cet enseignement lui était présenté.
Il faut reprendre ce jeune en l'accompagnant dans son cheminement afin que ce dernier devienne autant que possible une ascension.



Le besoin ayant été créé chez l'apprenti, l'enseignement même abstrait et général peut alors être abordé, il devient assimilable par le jeune...
A partir de ce stade — pas aisé à atteindre, sans doute — la tâche du maître est bien allégée car l'apprenti est sur la voie du progrès...
Il arrive alors assez fréquemment que le jeune, stimulé par sa réussite en des matières concrètes, prenne intérêt même à un cours de mathématiques ou d'économie familiale et sociale assez éloigné de son métier. Il ordonne lui-même les apports divers des différents maîtres autour et par rapport à sa formation professionnelle.
Dans la grande majorité des cas, si le garçon — rejeté de l'école — a pu retrouver à Nice-Don Bosco la joie d'une formation professionnelle structurante pour sa personnalité, c'est qu'il a eu pour maître d'oeuvre, pour professeur principal, son maître   d' atelier.
Pour se convaincre de la chose, il suffit d'interroger quelques anciens ou d'observer ceux qui reviennent dans l'école pour revoir qui ? leur maître d'atelier.
J. Bonelli
Vers projet éducatif