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Arrivé en 1898, l'abbé Hervieu avait
restauré le moulin où fonctionnaient une minoterie et une
scierie ; deux ans après, il vit arriver une équipe de
sœurs franciscaines de Perrou qui furent institutrices,
lingères, cuisinières et s'occupèrent des
dortoirs. Pour assurer la stabilité juridique de l'orphelinat et
assurer son bon fonctionnement, deux sociétés furent
créées : une association propriétaire (1922),
l'Association immobilière de Giel et une association exploitante
(1923), l'Institut Agricole de Giel. Vu le surpeuplement des lieux, 98
enfants vivant dans des locaux construits pour une soixantaine, il fut
décidé de construire un grand bâtiment de 105
mètres de long, entourant une cour de trois
côtés.Vous l'avez sous les yeux.
L'abbé Roussel prit le relais et dirigea Giel pendant 7
ans (1929-1936) ; il créa la revue "l'Arche" qui fut
imprimée jusqu'en 1964 ; très fatigué, il dut
passer la main ; c'est alors qu'il fut fait appel aux salésiens
: le père Pansard prit la direction de l'œuvre
épaulé par huit collaborateurs.
On comptait alors 150 orphelins, âgés de 4
à 20 ans. La moitié étaient écoliers, les
autres apprentis, principalement agriculteurs. Les écoliers
avaient tous les soirs en été, et selon leurs forces, un
travail à la ferme-école : fanage, moisson, ramassage des
pommes (qui pouvait durer deux mois), triage de pommes de terre... Les
apprentis avaient les travaux les plus durs : labours, semailles,
défrichements, émoussage des prairies, jardinage... Assez
vite un artisanat agricole se développa : forge, bourellerie ;
puis une section technique fut mise en place ; menuiserie
ébénisterie, mécanique, cordonnerie, tailleurs,
boulangerie. Les loisirs étaient longs puisque les pensionnaires
ne rentraient chez eux que pour Noël, Pâques et les grandes
vacances ; les jeunes apprenaient le clairon, la trompette ou le
tambour.
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