Solidarité avec Haïti
Pierre Collet, ancien boulanger de la maison de Giel, part aider
à nourrir les enfants de ce pays si éprouvé

Dans le métier depuis 1962, Pierre Collet a été boulanger près d'Argentan avant de devenir le boulanger de la maison de Giel. À
61 ans, il reprend du service. La présidence de l'Association des anciens élèves et celle du Comité des fêtes de sa commune ne lui suffisaient pas !
Quatre établissements professionnels salésiens de France ont créé l'association « SOS Haïti » pour soutenir l'œuvre des petites écoles du père Bonnem dans les bidonvilles de ce pays. Difficile toutefois de retenir l'attention d'enfants au ventre vide, quand le prix du pain flambe. « En un an, il a été multiplié par cinq ! L'association ne peut plus en acheter. Une usine néerlandaise a fait don du matériel pour monter une boulangerie. »
Pierre Collet est allé à Port-au-Prince, la capitale, en juillet pour la mise en place. Il devait y retourner fin septembre, pour lancer la
production : d'abord 5 000 petits pains, puis une montée en puissance jusqu'à 25 000 pains par jour, soit l'utilisation de 950 kg de
farine. « L'ouragan Gustave a abîmé la toiture du bâtiment abritant la boulangerie , il faut qu'elle soit refaite. Mon départ a été
retardé d'un mois, le temps de tout remettre. » Sur place, il est attendu par quatre femmes et quatre hommes, qui apprendront à
faire tourner les machines. « Des volontaires d'une trentaine d'années qui ont envie de rester au pays. Ils ont peu de force »
L'expérience l'a remué. « On a fait deux fournées de pain en juillet pour tester l'installation. Quand on faisait la distribution, les enfants se battaient pour une boule de pain... Les deux tiers de la population sont dans la misère. »
Pour l'électricité, c'est huit heures par jour « mais on ne sait Jamais quand , ni pour combien de temps ». Pour assurer les fournées, l'association a prévu un groupe électrogène. « Sinon, on ne pourrait pas travailler. »
Dans le pays, les chantiers se font à la main : « ils n'ont pas de matériel, c'est comme chez nous, juste après la guerre ! Et comme
ils n'ont pas assez à manger, ils ont peu de force... Par contre, ils gardent leur fierté. Quand on revient en France, on relativise
ses petits soucis. » .
Fin octobre, Pierre Collet quittera donc la campagne paisible de l'Orne pour un mois de misé en route.
« D'autres professeurs sont déjà allés là-bas pour installer l'électricité, le purificateur d'eau... Moi, je vais les accompagner
pendant quelques années. » Avec toujours dans ses bagages quelques crayons et cahiers pour les élèves.
D'après le journal Ouest-France


